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Guillaume Mary |
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Le travail de Guillaume Mary interroge cette problématique de la mémoire, de l’écart
entre la justesse des formes et la part de subjectivité inhérente à toute expérience
humaine.
Nicola Marian Taylor |
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actualité DRAWING NOW avec la Galerie Frédéric Lacroix, 29 mars/1er avril Exposition personnelle à la Galerie Frédéric Lacroix, Avril 2012
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Surface de la rivière où est le fond ? À un certain moment, guillaume fait le vide sur la toile, progressivement, avec des lambeaux de couleurs qui partent vers les marges, laissant le centre de la vision à son éblouissement ; il écarte, repousse, éloigne. Mais on peut aussi dire le contraire, dans la mesure où il n’y a pas de sens de lecture imposé : la couleur vient. Cette couleur déchirante des sensations fait impression, et l’impression fait le vide. Ce n’est pas la sensation qui demeure, c’est l’impression, et l’impression ne laisse que le vide, qui, à son tour est recouvert : la couleur revient, lessivée, fantomale, portant des motifs qu’elle n’a jamais quittés, quoiqu’ils puissent varier selon une gamme objective. Ce recouvrement est d’une matière la plus légère possible, spectrale, où les formes sont arrêtées, approximatives — sous les motifs, l’objet référent absent est d’une netteté intellectuelle parfaite — présupposée. À cet instant, le fond (vide, blanc, mat) recouvert par un trait large coloré, qui marque peu, laisse cette surface devenir fond (plein, orange, mat) recouvert d’un badigeon blanc, comme en passent des ouvriers sur une vitre pour dissimuler un chantier ou son arrêt. Ce badigeon a un mouvement, et de surface, comme l’eau dormante peut en former sur une pente ou des obstacles invisibles — mais aussi le geste de dissimuler.Un monochrome est toujours ouvert (à son contexte), et, depuis rodtchenko, clos sur une histoire. L’impressionnisme, cela est bien connu, commence par la surface d’une rivière. La langue française fait de la géographie, en distinguant fleuve et rivière — que les anglais ne font pas avec river. Qu’est-ce que la rivière ? L’usage (et la métonymie) peut nommer rivière une portion de fleuve — telle la loire dans les évocations que fait guillaume. Le fleuve est proche — d’une demeure familiale — par sa rivière, qui n’a ni source,ni embouchure, mais seulement une rive, qu’il faut laisser à distance — c’est toujours de l’autre rive qu’on la voit, et celle où l’on se tient est traître. On présupposera donc une boite d’anamnèse (la peinture, la vie). soit la vision intérieure, la rémanence, l’anamnèse, oui, sans doute : l’origine-tourbillon est évidemment la mémoire. Disons qu’elle peut se dire comme mémoire, une conversation avec guillaume en témoignerait, outre ce que nous pourrions, à distance l’un de l’autre, ajouter. L’origine-tourbillon, dans son opposition à l’origine-source, est une distinction que walter benjamin laisse à sa métaphore ; la boite d’anamnèse en est une autre, que l’on pourrait filer (le crâne, l’atelier, etc.). Sans chercher trop loin du côté de la métaphore, on avouera que si cette origine-tourbillon est par excellence la mémoire, si nous avons des souvenirs, ce qui extrêmement trivial, peut-être pouvons-nous accorder que la mémoire, et même au point où on en est, dans sa distinction bergsonienne, la matière où elle se porte et échoue, en sont également. Comme toute métaphore, on suppose que l’image renvoie à une chose qui se tient en dessous d’elle, profondeur sous le glissement imagé. Le processus métaphorique produit sa profondeur. Il y a quelque chose dans la boite, où la bonne fée, pour faire image, tire de son bon fond ce qu’elle nous donne, et le magicien le lapin du chapeau. Que ce tirage soit volontaire ou pas importe peu quant à cet emboîtement qui nous procure la conviction d’une structure différentielle — à laquelle nous donnons sans trop de difficultés notre assentiment : le passé vient, il revient, il monte à la surface, il la remue ; son écoulement est aux prises avec lui-même, dessinant des figures, des entrelacs, lignes et cercles d’une mathématique malhabile et radicale. (la boucle, l’anneau, la bague, le remous, le ruban de möbius, le faux problème des ponts de königsberg, les nœuds borroméens) oui, mais c’est ne pas encore voir le tableau. De la métaphore, qui pourrait nous tenir quitte d’explication — si elle en est le secret révélé —, il ne faut pas simplement voir l’image, ni ce qu’elle cache. Il y a un plan où les différences s’écrasent : différences de mémoire, certes, différences de fleuve (tourbillon et source), différences de pensées (du vide à l’impression). Dans la mesure où il y a tableau, y compris, et pour commencer, et finir, dans le tableau d’histoire. Il ne s’agit pas de montrer le passé, ni même de le voir là où il est, à l’intérieur. Nous pouvons traiter nos souvenirs, aussi nombreux et précieux soient-ils, comme s’ils n’en étaient pas. Ce n’est pas leur faire insulte. Idem le passé, tout le passé. Sur le tableau l’image est donnée et construite, surface et boite, mémoire et matière. Ici tous les termes sont interchangeables — jusqu’au tournis — dans un même dispositif. Ainsi, s’il y a construction, boite, mémoire, alors il y a surface, matière et donné. J’esquisse cette équivalence : une persistance sans objet (une simple impression, un pressentiment à l’égard du passé, tel un déjà-vu, etc.) demande un dispositif — est déjà ce dispositif où le tableau advient. Ce dispositif peut techniquement varier, dans sa procédure ; il appartient à la méthode du peintre, en deçà du style, ayant à voir avec la façon. Ce qui importe, c’est que le dispositif ne soit que surface. Soit, d’exposition, le tableau. Dispositif de persistance, c’est-à-dire dispositif de surface. © paul laurent 17 mai 2010
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bio
Né en 1962, Guillaume Mary vit et travaille à Paris. Expositions récentes: 2011 2010 2009
2008
2007
2006
2005
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contact
Guillaume Mary est repésenté par la Galerie Frederic Lacroix, Paris > Galerie Frédéric Lacroix |
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liens Galerie Frederic Lacroix, Paris > Le 19, Centre régional d'art contemporain, Montbéliard > La Maison d’Art Contemporain Chaillioux, Fresnes > |
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© 2010 Guillaume Mary------- | ||||